DEUIL APRES SUICIDE

Témoignages



Un soir en rentrant du travail, Pierre ouvre la porte de sa maison et découvre, dans la pénombre, le corps sans vie de son épouse pendue dans le hall d'entrée.

Pierre est un homme solide, capable de faire face au stress particulièrement intense de sa vie professionnelle ; mais là c'est trop. La charge émotionnelle est tellement massive que son esprit ne peut intégrer la violence de l'événement : son processus de cicatrisation psychique se grippe et se révèle incapable d'amortir le choc de la situation.

L'image de son épouse décédée se cristallise brusquement en lui et un syndrome traumatique caractérisé fait son apparition quelques semaines plus tard. Il est envahi de flashs incessants ; son sommeil se dégrade, ses capacités de concentration et de mémorisation s'effondrent ; il se sent sans cesse sur le qui-vive et une dépression lentement s'installe.

Des mois après le suicide, il en est toujours là. Son état s'améliorera par la suite.
(Dr Christophe Fauré).





Adieu, mon fils. A plus tard. Et bonjour la vie quand même !

Nous portons la responsabilité de ta mort, comme nous portons la responsabilité de ta vie.

Je me souviens de ta naissance, juste au début du printemps. Tu as crié pour signifier que tu vivais.

Aujourd'hui tu as choisi de mourir au printemps. Mais j'entends cependant, avec tout mon instinct de mère, le cri de ta mort et je l'entendrai toute ma vie.

Aujourd'hui je me tiens près de toi, au-delà de la mort et je dis qu'il faut qu'on arrête un peu de vivre si vite, pour mieux prendre le temps de cerner l'essentiel. Mieux nous mettre à votre écoute (vous qui étiez et qui demeurez l'avenir du monde).

Pour mieux comprendre et assimiler la croissance du monde. Le monde nous concerne tous. mais pour que le monde change, et pour que ton geste serve à quelque chose, il faut que, pour commencer, je me change moi-même.

Chers enfants du silence, enfants chers à nos coeurs, enfants nés pour la vie, étiez-vous faits pour vivre? Avons-nous su capter, tous autant que nous sommes, parents, éducateurs, enseignants, responsables de la société, médecins, psychiatres, sociologues, amis ou simples voisins, avons-nous su capter le silence de vos mots intérieurs ?

Pas toujours faciles à comprendre certes...

Avons-nous seulement essayé de faire taire le tintamarre autour de nous?
Avons-nous su rendre notre société séduisante?
Aurions-nous oublier d'aimer?
La vie nous rappelle à l'ordre durement, mais tendrement.

Colette 
(Annick Ernoult-Delcourt Apprivoiser l'absence, adieu mon enfant. Paris, Fayard 1992).







12/08/13

www.deuilapressuicide.fr



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